Défaillances d'entreprises en France en 2025

Défaillances d’entreprises en France en 2025 : hausse de +3.5% par rapport à 2024

23/01/2026

  • 18 759 défaillances ont été enregistrées en France au 4ème trimestre 2025 (+2,4 % vs T4 2024), ce trimestre atteignant un plus haut historique après un T3 déjà marqué par un nombre élevé de cas de défaillances.
  • Sur les 12 derniers mois, la dynamique haussière demeure marquée pour les secteurs tirés par la consommation des ménages : l’agriculture (+16 %), les services aux particuliers (+14 %), l’hébergement-restauration (+9 %) et le commerce automobile (+8 %).
  • Après s’être diffusée à toutes les tailles d’entreprises, la hausse des défaillances s’est concentrée aux deux extrémités du spectre en 2025 : les plus petites, et les plus grandes.
  • Au niveau régional, presque toutes les régions observent une hausse de leurs défaillances sur l’ensemble de l’année 2025 avec un Top 3 composé des Pays de la Loire (+21 % par rapport à 2024), les DOM (+16 %) et la Corse (+14 %). A l’inverse, Provence-Alpes-Côte d’Azur est la seule région à enregistrer une baisse de ses défaillances en 2025 (-6 %).
  • De nombreux défis attendent les entreprises en 2026 avec un risque non négligeable de voir les faillites augmenter au-delà de nos prévisions pour 2026 et 2027.
Allianz Trade, leader mondial de l’assurance-crédit a publié sa dernière étude sur les défaillances d’entreprises en France au cours du 4ème trimestre 2025.

Défaillances d’entreprise, en nombre, par mois
Source : Allianz Trade

18 759 défaillances ont été enregistrées en France au 4ème trimestre 2025 (+2,4 % vs T4 2024). Comme chaque année, les entrées en procédures collectives se sont affichées en net rebond au T4 2025 (+30 %) par rapport au T3 2025, mais le T4 comme le T3 s’affichent à des plus hauts historiques, après une nouvelle hausse par rapport à la même période de 2024 (respectivement +2 % et +6 % après un record absolu en septembre). Cette poussée reflète à la fois la normalisation qui était attendue depuis les niveaux « artificiellement » bas de 2020-2021, et la persistance de faibles fondamentaux du risque crédit qui testent la résilience des entreprises déjà mises à mal par la succession des crises.
« Comme nous l’avions annoncé il y a quelques semaines, la France a enregistré 68 574 défaillances d’entreprises en 2025, un niveau historique. 2025 s’est achevé sur une hausse de +3,5 % du nombre de cas, confirmant l’infléchissement attendu après les pics d’accélération affichés en 2022 (+49 %), 2023 (+35 %) et 2024 (+17 %). Cette décélération peine à se prolonger, ce qui se traduit par un haut niveau prolongé de sinistralité. Les défis qu’affrontent les entreprises restent nombreux (faiblesse du cycle conjoncturel, fin/remboursement des aides, incertitudes fiscales, politiques et géopolitiques) avec un risque non négligeable que cette combinaison ne pousse les faillites au-delà de nos prévisions pour 2026 (–2,7 % à un plateau haut avec 66 700 cas) et 2027 et laissant présager un niveau durablement élevé de défaillances sur les prochaines années » explique Maxime Lemerle, Responsable de la recherche défaillances chez Allianz Trade.
Après s’être diffusée à toutes les tailles d’entreprises, la hausse des défaillances s’est concentrée aux deux extrémités du spectre en 2025 : les plus petites, et les plus grandes. A fin décembre 2025, toutes les entreprises défaillantes pour lesquelles les données financières sont disponibles représentaient encore, au regard des données historiques, des niveaux très élevés de chiffre d’affaires cumulé (35,1 Mds d’euros), soit +1 % sur 1 an et +51 % par rapport à la moyenne 2006- 2024) et de passif fournisseurs (7,1 Mds d’euros soit +8 % et +64 % par rapport à la moyenne 2006-2024).

Défaillances d’entreprise par taille de chiffre d’affaires, à fin décembre 2025 / Source : Allianz Trade

Défaillances d’entreprise par secteurs
Source : Allianz Trade

Sur les 12 derniers mois, la dynamique haussière demeure marquée pour les secteurs tirés par la consommation des ménages. C’est vrai en termes relatifs au regard de l’agriculture (+16 %), les services aux particuliers (+14 %), l’hébergement-restauration (+9 %) et le commerce automobile (+8 %). C’est aussi vrai en nombre, avec les services aux entreprises (+810 cas sur 12 mois) et l’hébergement/restauration (+754), devant les services aux entreprises (+595). Trois secteurs échappent à la hausse prolongée des défaillances : le commerce de détail, l’ensemble finance/immobilier et la construction - secteur toutefois toujours le plus sinistré avec 21 % des faillites.
Presque tous les secteurs se trouvent au-dessus de la sinistralité moyenne observée depuis 2010. Cependant, au regard des données historiques, quelques secteurs se distinguent avec un niveau de défaillance très élevé : le transport-entreposage (64 % au-dessus de la moyenne 2010-2019), le commerce automobile (43 %), l’information/communication (43 %), l’hôtellerie/restauration (37 %) et les services aux entreprises (+30 %). Le commerce de gros (-5 % en dessous de la moyenne 2010) est la seule exception.

La hausse des défaillances reste généralisée à tous les types de forme juridique, mais avec une poussée plus forte pour les entreprises en nom sur la période récente, lesquelles représentent à nouveau 12 % des défaillances (+2 points de pourcentage par rapport à 2023-2024). La hausse des faillites de sociétés (SARL, SA, etc…) perd en intensité (+1 % sur 12 mois) mais celles-ci dépassent significativement (25 %) le niveau annuel moyen observé pendant la décennie pré-crise sanitaire (60 125 à fin décembre 2025, contre 47 872 en moyenne sur 2010-2019 - et contre 44 119 pour 2019).

« L'économie française, comme beaucoup d'autres, est confrontée à des défis importants. Dans ce contexte économique marqué par une complexité et une incertitude sans précédent, les entreprises doivent être particulièrement attentives pour limiter le risque de non-paiement en s’appuyant notamment surl’analyse du risque de leur secteur et de leurs clients et fournisseurs. En accompagnant ses clients pour sécuriser les créances commerciales, l’assurance-crédit agit comme un filet de sécurité dans un contexte de guerre commerciale où les chaînes d’approvisionnement se tendent et où les tensions géopolitiques augmentent », rappelle Laurent Treilhes, Président du Comité Exécutif d’Allianz Trade en France.